21 novembre 2018
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Critique de la presse

Fanfaronnade au pays des Sages, craintes au pays des roses et des chiffres…
…Ou la suite de la grande Saga de la loi Hortefeux

Le jeudi 15 novembre, la dite loi est validée par le grand conseil des onze sages mais sous certaines réserves. ..
Libération, le 16 novembre, nous annonce : «Un feu vert au test ADN pour les candidats au regroupement familial prévisible mais une censure des statistiques éthiques pour cause d’anticonstitutionnalité qui a surpris ».
Bilan : les uns fanfaronnent, les autres craignent le pire. Petit tour d’horizon.
Concernant la loi sur le test ADN dans le cadre de regroupement familial, Brice Hortefeux c’est réjoui de l’approbation de sa loi « Le conseil a jugé que le dispositif des test ADN est parfaitement conforme aux principes républicains ». Thierry Marianni auteur de l’amendement contreversé à immédiatement fanfaronné : « On nous expliquait que l’ADN était liberticide, fasciste, dangereux. Il est validé par la Conseil constitutionnel, tous ceux qui m’ont insulté devraient faire preuve d’humilité ». Des propos qu’il devrait modérer car ce n’est pas une victoire totale puisque les sages ont dit « oui mais » nous révèle le Figaro et pour cause. « L’amendement du député a été « toiletté » par les sénateurs » et « enrichi de garde-fous le rendant difficilement applicable car le Conseil a voulu interdire une application systématique de cette procédure ». Une boite Pandore s’était-elle ouverte ? Nous le verrons de la façon dont cette nouvelle loi va être appliquée.
Concernant les statistiques éthiques, les sages l’ont jugé contraire à la Constitution.
Là les choses se corsent. La Loi informatique et libertés dit que les données révélant l’origine ethnique et raciale ne doivent pas être collectées – sauf huit cas d’exception dont les enquêtes à intérêt public or cette nouvelle loi va à l’encontre de cette exception. L’argument de Robert Badinter pour ne pas être en contradictoire avec la loi informatique et liberté est que cette loi n’a pas été soumise au Conseil. Alors que Alex Türk, président de la CNIL, nous dit qu’elle a été validée par le Conseil en 1978. Qui a raison ?
En tout cas, alors que cela rassure les uns, cela fait paniquer les autres. Patrick Simon sociodémographe craint que toute enquête comprenant des données sur l’origine raciale ou ethnique des personnes ne devienne impossible. Les chercheurs français travaillant sur les discriminations sont perplexes et inquiets face à l’impact que pourrait avoir la décision du Conseil sur leur notoriété internationale. Une peur démesurée ? Au final les uns jubilent et les autres s’inquiètent et personne ne sait où l'on va.
Sapho Tohya Trenkle

Théâtre

Le Frichti de Fatou
Un cours d’éducation sexuelle plein d’humour et d’émotions.

C’est l’histoire d’une femme, Fatou. De son enfance dans un village algérien jusqu’à sa vie d’adulte dans le XVIIIe arrondissement parisien ; Et de son choc culturel quant à l’éducation sexuelle. D’une Algérie, où l’on explique rien, à une France sans tabou. D’une mère qui ne répond au interrogations de sa fille que par des claques et d’une copine parisienne qui explique la sexualité sans gène : « Jouissons sans entrave » ! Une leçon de vie qui mènera Fatou à son indépendance sexuelle…
Le Frichti de Fatou de la compagnie Cie tombé de Ciel nous propose un voyage visuel, sonore, olfactif et gustatif, grâce à ses comédiennes. La musicienne, Agnès Duvivier, va nous faire voyager dans un univers sonore et la narratrice, Faïza Kaddour, nous raconte son histoire.
Allant de la musique du Maghreb aux musiques populaires françaises des années 80, les accompagnements musicaux du violoncelle et de la contrebasse illustrent et ponctuent la pièce.
La mise en scène est vivante et les éclairages mettent en valeur le personnage. Le texte est coloré d’humour, de jeux de mots, de métaphores crues issues de la spontanéité d'une femme qui parle d'elle. Comme le « trois pièce cuisine », pour parler du vagin.
Le tout introduit par une double dynamique narrative : celle du conte de Fatou, et celle de la conférence de Janine , son amie. Véritablement mis en relief par les conflits intérieurs, souvenirs, secrets intimes, convictions et doutes des personnages, présentés tandis que Fatou accomplie une tâche quotidienne banale : elle cuisine.
Mais l'originalité de la pièce réside dans sa dimension olfactive, voire gustative. On avait déjà connu la dimension olfactive dans « Le Péplum » de la compagnie Royal de Luxe. Mais ici c’est tout a fait différent, car l’odeur de la cuisine embaume la salle durant toute la durée de la pièce, avec ses senteurs d’ail, d'épices et de légumes…
Et pour les plus chanceux, l'on nous proposera une dégustation du délicieux Frichti de Fatou. Une pièce réussie à découvrir dans tous ses détails.